Tolkien Reading Day : la mort de Beleg

Publié: 25 mars 2012 dans Défis blogurinistes, Livres

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Pour ce jour dédié à la lecture de Tolkien,  j’ai choisi un passage du Silmarillion. Si j’ai une grande affection pour le Seigneur des anneaux, je considère le Silmarillion comme le chef d’œuvre de Tolkien. Son récit des origines a un grand souffle épique et la multitude des personnages rencontrés sont tous plus intéressants les uns que les autres. Il y a bien sûr l’histoire de Beren et Luthien mais celle qui retient mon attention aujourd’hui est le récit de la malédiction des enfants de Hurin et plus spécialement de Turin.  Voici comment ce personnage tragique en arrive à tuer son meilleur ami.

« Lorsque tout le camps fut endormi, Beleg se saisit de son arc et, dans l’obscurité, tira sur quatre des loups postés en sentinelles sur le côté sud, l’un après l’autre et sans un bruit. Puis, au prix d’un grand péril, ils entrèrent dans le campement et trouvèrent Turin, attaché à un arbre, les mains et les pieds entravés. Des couteaux que ses tourmenteurs lui avaient lancés étaient fichés dans le tronc tout autour de lui, mais il n’était pas blessé ; et il était inconscient, plongé par les drogues dans la torpeur ou évanoui d’épuisement. Alors Beleg et Gwindor coupèrent les liens qui retenaient Turin à l’arbre, et portèrent celui-ci hors du camps. Mais il était trop lourd pour être transporté très loin, et les deux compagnons durent s’arrêter près d’un buisson d’épines, sur les hauteurs, loin au-dessus du camp. Là, ils l’étendirent ; et l’orage approchait à présent, les éclairs illuminant le Thangorodrim. Beleg tira Anglachel, pour couper les liens de Turin ; mais le destin était plus fort ce jour- là, et la lame forgée par Eöl l’Elfe Sombre glissa de sa main, et piqua le pied de Turin.

Alors Turin fut soudain réveillé, empli de rage et de peur, et à la vue de cette forme penchée sur lui dans les ténèbres, une lame nue à la main, il bondit en hurlant, croyant que les Orques venaient de nouveau le tourmenter ; et luttant dans l’obscurité, il s’empara d’Anglachel, et tua Beleg Cuthalion, le prenant pour un ennemi.

Mais une fois Turin relevé, se découvrant libre, et prêt à vendre chèrement sa vie contre des ennemis imaginaires, un grand éclair déchira le ciel au-dessus d’eux, et dans sa lumière, le regard de Turin se posa sur le visage de Beleg. Alors Turin resta pétrifié et muet, ne quittant pas des yeux cette mort atroce, comprenant ce qu’il venait de faire ; et si terrible était son expression, illuminée par intermittence par les éclairs, que Gwindor se recroquevilla contre le sol, n’osant plus lever les yeux. »

Laer Cú Beleg

A toi, ami profond et soutien éternel
Grand chasseur des forêts de Beleriand
Mort de la main qui t’était fidèle
Jamais plus tu ne reverras Mélian
Anglachel s’est retournée contre toi
Dans la méprise de l’obscurité
L’épée vétue de météore sacré
Sans que mot tu puisse dire, frappa
La souffrance grave le visage de Turìn
Meurtrier inconscient et tourmenté
Assassin puni d’éternels regrets
Né Thalìon fils du maudit Hurìn
Doriath pleurera son meilleur archer
Perdu par Morgoth et sa malédiction
Courageux et intrépide guerrier
Je t’offre ce requiem, défunt Cùthalion

( Chant funeste de Tùrin Thalìon en l’honneur de Beleg Cùthalion)

L’illustration est de la talentueuse Jenny Dolfen.

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