Mousquetaires du diable à Waterloo (sur hexagones)

Publié: 4 août 2011 dans Inspirations

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« Grouchy n’apparut point, mais cela n’avait plus d’importance. Les prussiens de Bülow se retiraient des hauteurs de la Chapelle – Saint – Lambert, talonnés par la cavalerie légère de Sumont et de Subervie. Sur le flanc gauche, aucun problème : les lignes rouges de l’infanterie écossaise se sont effritées sous la charge des cuirassiers français. Au centre, la division jérôme a enfin pris Hougoumont. Et au nord du mont Saint  – Jean, les carrés bleus de la bonne Vieille Garde se forment lentement mais implacablement, alors que Wellington se replie dans un délicieux désordre sur ce petit bourg, Waterloo. Il ne reste plus qu’à donner le coup de grâce.

Lucas Corso observa le terrain. la solution, c’était Ney, naturellement. Le brave parmi les braves. Il le mit à l’avant, avec Erlon et la division Jérôme, ou ce qu’il en restait, et les fit avancer au pas de charge sur la route de Bruxelles. Quand ils établirent le contact avec les formations britanniques, Corso se redressa un peu sur sa chaise et retint son souffle, sûr des conséquences de son geste : il venait en une demi-minute à peine de la vie et de la mort de vongt-deux mille hommes. Savourant cette sensation, il s’offrit le plaisir de contempler les lignes serrées, bleue et rouge, dans le doux vert du bois de Soigne, sur les tches rousses des collines. Mon dieu que la bataille était belle.

Le choc fut dur, pauvres diables. Le corps d’armée d’Erlon se défit comme la chaumière de paille du petit cochon paresseux, mais Ney et les hommes de Jérôme tirent bon. La Vieille Garde avançait en balayant tout sur son passage, et les carrés anglais disparurent de la carte les uns après les autres. Wellington n’avait d’autre choix que de battre en retraite, mais Corvo lui barra la route de Bruxelles avec la réserve de la cavalerie française. Alors lentement et délibérément, il assena le coup final. Tenant Ney entre le pouce et l’index, il le fit avancer de trois hexagones, puis totalisa des facteurs de puissance en consultant ses tables : le rapport était de huit contre trois. Wellington était fini. Restait la petite marge laissée au hasard. Il chercha dans la table des équivalences et vit qu’il suffirait d’un trois. Il eut encore un pincement d’inquiétude lorsqu’il jeta les dés pour décider de ce facteur aléatoire dont il fallait tenir compte. »

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Cet extrait de Club Dumas, le roman d’Arturo Pérez – Reverte que je viens de finir, m’a fait pensé aux parties de wargames que je faisais avec mon cousin, retraçant les plus célèbres batailles de Napoléon. Découvrir ces quelques lignes dans ce livre mêlant Les trois mousquetaires d’ Alexandre Dumas, Napoléon et le diable a été une bonne surprise. Ce livre constituera par ailleur une bonne base pour des scénario du jeu de rôle Unknown Armies.

Et cela m’a donné envie de réouvrir ma vieille boîte d’Austerlitz de chez Descartes.

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